La ville en quartiers : des brèches dans la métropole
Phonothèque du LIR3S - UMR 7366 CNRS-uB

La ville en quartiers : des brèches dans la métropole

Projet hypertext link symbol Atelier Penser les transitions
Atelier organisé à Dijon (Université de Bourgogne) le 27/01/2022
Organisateur(s) : Jarrige François, Tornatore Jean-Louis
Centre(s) organisateur(s) : LIR3S-UMR CNRS uB 7366

Référence électronique : Jarrige François, Tornatore Jean-Louis (organisateurs), 2022, La ville en quartiers : des brèches dans la métropole [en ligne], atelier, Dijon, Université de Bourgogne, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/m-232, page consultée le 29/01/2026



Présentation de la manifestation

Nous observons depuis quelque temps, la montée en puissance d’une forme de rejet de la ville, lié à des revendications fortes de dénonciation du bétonnage et de maintien ou de reprises de terres nourricières, lequel rejet pourrait presque, dans sa traduction la plus “radicale”, s’apparenter à un appel à sécession au profit de la ruralité [1]. Ce mouvement, qui s’est emballé avec la crise sanitaire du COVID, n’est pas nécessairement un fait nouveau qui prendrait racine au XXIe siècle puisque d’autres époques ont connu cette tentation de rupture.

Ainsi celui que nous voyons se dessiner aujourd’hui ne diffère pas sensiblement d’un point de vue sociologique de celui que l’on a connu dans les années 70. Les individus qui proclament aujourd’hui ouvertement leur désir de ruralité sont majoritairement de jeunes adultes au capital socio-culturel élevé mais dans le même temps, des populations plus âgées semblent aussi tentées d’emprunter cette voie. S’ils se rejoignent donc sur la destination finale, ils se distinguent en revanche quant aux motivations, avec notamment une construction idéologique plus prégnante chez les jeunes générations, qui considèrent la ville comme un lieu obsolète voir impropre (au sens propre comme figuré…) au développement d’une société écologique. La campagne, le monde rural, quelle que soit sa dénomination, serait alors et toujours un territoire rêvé, voire mythifié, de refuge, d’expérimentations, et synonyme de qualité de vie et de « robustesse » face aux crises à venir, climatique, environnementale et sociale.

Ce qui interroge dans le rejet actuel du monde urbain, proche d’une forme d’exode urbain (d’ailleurs accentué par la crise sanitaire), ce n’est pas tant la volonté de rupture avec la ville, et plus précisément avec les métropoles – car les motivations peuvent être objectivées aisément autour de questions écologiques notamment –, mais ce que cela induit en termes de projection par rapport à celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent s’insérer dans ce mouvement. Quel regard est porté vers des populations qui n’ont précisément pas d’autres alternatives que de vivre en ville et notamment dans les métropoles, soit en leur sein soit dans péri-urbanité proche ? 

Le recentrage politique et militant sur le monde rural – on pense au mouvement des « Soulèvements de la Terre » – peut-il impliquer ou sous-entendre qu’il y a au fond, sinon un désintérêt, du moins un détournement de l’attention pour les luttes sociales et environnementales urbaines au profit d’un recentrage sur la ruralité ? Ne peut-on pas craindre, dans le discours actuel, qu’une fois encore les populations vivant dans les quartiers populaires de nos métropoles et villes, ne se retrouvent isolées et surtout ne plus être associées (encore faudrait-il qu’elles l’aient été…) à ce qui doit être le projet politique global, trans-territorial de la nécessaire transformation écologique de nos sociétés ? Est-il possible d’envisager cette transformation écologique sans que les quartiers qui regroupent près de cinq millions de personnes (chiffre INSEE 2016) ne soient invités à y participer, sans donc que l’on prenne le temps de construire avec ces territoires et leurs habitants des passerelles et une culture de lutte commune ?


[1]  Guillaume Faburel,  Pour en finir avec les grandes villes. Manifeste pour une société écologique post-urbaine, Paris , Le passager clandestin, 2020.

Communications

hypertext link symbol La ville en quartiers : des brèches dans la métropole - Rémi Eliçabe, Amandine Guilbert [durée : 48 min.], Guilbert Amandine, Eliçabe Rémi

Enregistrement non public.

hypertext link symbol La ville en quartiers : des brèches dans la métropole - Samuel Lehoux [durée : 60 min.], Lehoux Samuel




Contact : lir3s[dot]logistique[at]u-bourgogne[dot]fr
Hébergement : LIR3S-UMR 7366 CNRS UBE
URL : https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque
Licence Creative Commons