Les magistrats de la République de Genève, représentants ou « commis du peuple » (fin XVIIe-début XVIIIe siècle) ?
Auteur(s) : Barat Raphaël
Durée : 24 minutes
Référence électronique : Barat Raphaël, « Les magistrats de la République de Genève, représentants ou « commis du peuple » (fin XVIIe-début XVIIIe siècle) ? » [en ligne], 2018, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-1356, page consultée le 29/01/2026
Résumé de la communication
En 1707, une grande crise politique éclate dans la République de Genève. L’aristocratie gouvernante qui siège dans le Petit Conseil, véritable gouvernement de la République, appuyé sur son antichambre, le Conseil des Deux-Cents, doit préciser sur le plan théorique les fondements de son pouvoir face à la contestation bourgeoise. Dans ce discours légitimant, l’idée de représentation occupe une place essentielle. Les magistrats se disent représentatifs du peuple, bien qu’ils ne soient pas élus par lui, mais se cooptent. Entre autres choses, cette représentativité tient selon eux à leur sens du bien public, les magistrats se souciant du bien-être du peuple comme un père se soucie celui de ses enfants. Certes, il y a des élections populaires deux fois l’an, mais elles permettent seulement à certains membres de ces Conseils cooptés d’accéder aux plus hautes magistratures. N’intervenant que lors de la dernière étape de la procédure de désignation, et reflétant une forte déférence électorale vis à vis des sortants, le choix populaire de remet pas fondamentalement en cause la logique d’ensemble du système.
Les bourgeois révoltés en 1707, et leurs théoriciens, attaquent de plein fouet cette conception gouvernementale. Ils ne souhaitent pas non plus un système représentatif, mais désirent restaurer en pratique la souveraineté théorique du Conseil général, l’assemblée bourgeoise issue de la commune médiévale. Dans cette perspective, les magistrats ne seraient que des « commis du peuple », responsables de l’administration courante et de la préparation des questions législatives à porter en Conseil général. C’est l’assemblée du peuple qui exercerait les marques de la souveraineté, en votant régulièrement sur les lois, l’impôt, la guerre et la paix.
L’objet de cette intervention sera de confronter ces deux visions radicalement opposées de la représentation et de la répartition des pouvoirs dans la petite République, à travers une étude des écrits théoriques et du vocabulaire politique, aussi bien que des pratiques politiques, notamment électorales.
Les magistrats de la République de Genève, représentants ou « commis du peuple » (fin XVIIe-début XVIIIe siècle) ? [durée : 24 min.], Barat Raphaël
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