Colloque organisé à Dijon (Université de Bourgogne) du 29/09/2005 au 01/10/2005 Organisateur(s) : Wolikow Serge Centre(s) organisateur(s) : Centre Georges Chevrier-UMR CNRS uB 7366 Partenaire(s) : MSH Dijon, Fondation Gabriel Péri
Référence électronique : Wolikow Serge (organisateurs), 2005, Archives des sociétés en mouvements. Regards croisés : archivistes et chercheurs [en ligne], colloque, Dijon, Université de Bourgogne, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/m-23, page consultée le 15/03/2026
Présentation de la manifestation
Se fondant sur une série d’interventions thématiques où se croiseront les interventions de chercheurs et d’archivistes de différents pays, ce colloque se propose d’étudier les relations entre l’activité scientifique et la construction des instruments de recherche archivistiques (inventaires, bases de données documentaires, etc.) qui a connu une évolution rapide résultant des apports de l’informatiques et de l’ouverture, pour les champs scientifiques qui structurent ce colloque, de fonds d’archives volumineux (archives de l’Internationale communiste notamment).
Archives du communisme, archives de la recherche en SHS et archives des mouvements sociaux, il s’agira, au fil des interventions, d’aborder le rapport de l’archive à la preuve dans l’élaboration de la production scientifique en sciences humaines et sociales. Quelles sont les conséquences scientifiques de l’ouverture de nouveaux fonds d’archives ?
En partant du fil biographique, je me propose de formuler quelques hypothèses sur les conditions de production, de conservation et de classement des archives du communisme pour aboutir à une analyse des rapports entre pratiques archivistiques et culture bureaucratique en URSS.
Les archives de Maurice Thorez et de Jeannette Vermeersch ont été données aux Archives Nationales en novembre 2002. Ce fonds, par son volume (344 cartons) et par la variété des documents qu’il contient (à la fois documents personnels de l’homme privé et documents de travail de l’homme public), constitue une source inédite et originale sur le PCF et son secrétaire général entre 1930 et 1964.
Plusieurs projets s’appuient actuellement sur ces archives, notamment sur le Journal de Maurice Thorez et sur ses notes de Bureau politique. Ces dernières font actuellement l’objet d’une édition critique : dans quelle mesure reflètent-elles le mode de travail du dirigeant et en quoi peuvent-elles éclairer le processus de prise de décision au sein du PCF ?
En Allemagne, de nombreuses études ont été consacrées depuis les années 1970 à l’histoire du mouvement sportif ouvrier, certaines ont tenté d’aborder la dimension internationale tout en se heurtant au problème d’accès à d’importants fonds d’archives. L’ouverture des archives du communisme, à Moscou notamment pour ce qui concerne les sources sur l’Internationale rouge sportive, mais aussi à Berlin et à Leipzig, a changé les données. Peut-on pour autant constater un renouvellement des questionnements et des perceptions à l’égard du mouvement sportif ouvrier de l’entre- deux-guerres ? La communication fera référence à la fois à l’histoire du sport et à l’histoire du communisme.
Mon propos est de montrer comment à partir d’archives connues, mais aussi d’archives nouvelles, autres que celle de l’entreprise de presse en partie déposée en octobre 2003 (cf. Christian Oppetit, M. Jacquemin et S. Zaidman), je travaille dans le cadre d’une thèse de doctorat d’histoire sur le journal l’Humanité de 1904 à 1939.
Tant le matériau archivistique conservé et accessible, que la situation politique générale ont conditionné la recherche historique en Espagne. À l’heure actuelle, peut- être les plus importantes questions qui affectent la problématique archivistique espagnole et catalane sont celles de l’intégration de nouveaux professionnels, l’usage et la révision des nouvelles technologies, la présence sociale des archives qui assurent à travers leur mise au jour une relation étroite avec les instituts et les groupes de travail d’histoire. Quelques aspects plus spécifiques à développer également sont : a) la conservation de la documentation et l’élaboration des archives d’histoire sociale et ouvrière contemporaine, après le décès de Franco ; et b) les nouvelles générations d’historiens contemporanéistes et les thématiques de recherche concernant les périodes de la transition démocratique et actuelle.
Les archives de la géographie contemporaine sont rares. On s’interrogera sur les modes de valorisation auxquelles elles donnent lieu dans la recherche sur l’histoire de la discipline et sur l’histoire des pratiques et des savoirs relatifs à l’espace.
Créé en 1945, l’Institut national d’études démographiques (INED) est un établissement public scientifique et technique spécialisé dans l’étude des populations sous tous ses aspects. Après un exposé sur la spécificité des archives démographiques et des différents types d’archives rencontrés, cette intervention présentera les principaux fonds historiques conservés (notamment au Centre des archives contemporaines). Dans un second temps, il sera question de l’organisation originale des archives à l’INED et de l’expérimentation de l’archivage des mails, en collaboration avec les Archives nationales.
Les monographies de familles ouvrières publiées dans Les Ouvriers européens (Le Play, 1855) et la série Les Ouvriers des deux mondes (à partir de 1857) sont le résultat d’un travail collectif alliant enquête de terrain, recherche documentaire, traitement de données numériques et évaluation publique. Elles participent, de plus, des débats politiques et sociaux de leur temps et alimentent des théories générales en sciences sociales. Leur « réévaluation », notamment au regard de l’histoire des sciences sociales, appelle une enquête historique à ces différents niveaux.
La communication portera, à travers des exemples de monographies, sur le « corps d’enquêteurs » qui s’est constitué à cette occasion et le travail archivistique que suppose son analyse.
L’archivage des données qualitatives d’enquête en vue de leur analyse secondaire fait l’objet à la fois d’une pratique et d’une réflexion de plus en plus développées dans les pays anglo-saxons (Corti, Thompson, 2004). En France, en revanche, une longue pratique de l’archivage et de l’analyse secondaire dans le domaine du quantitatif en sciences sociales n’a pas donné lieu, pour l’instant, à des réalisations dans le secteur du qualitatif si ce n’est au pôle Sciences Humaines et Sociales de la Direction R&D d’EDF (groupe GRETS).
Nous présentons ici l’expérience du projet VERBATIM initié en 1998, et qui vise à capitaliser des données qualitatives (principalement des entretiens semi-directifs) produites par les chercheurs travaillant dans ce groupe de recherches en sciences humaines et sociales (Le-Roux, Vidal, 2000a,b). Dans un second temps, nous présentons les acquis de certaines recherches faites à partir des matériaux ainsi archivés (analyses secondaires) (Dargentas, Le-Roux, 2005). Enfin, nous présentons la collaboration commune avec le CIDSP de Grenoble qui concerne une réflexion sur ces manières de traiter les données qualitatives et les modalités de leur intégration dans le contexte académique français en sciences humaines et sociales.
À travers notre communication nous voulons aborder tout un ensemble de questions liées à l’archivage et à la ré-utilisation des données qualitatives en sciences humaines et sociales et qui concernent entre autres : les aspects déontologiques, l’accès aux données, la confidentialité, les questions méthodologiques de ré-utilisation de données qualitatives, les pratiques existantes, les avantages, les objectifs et l’intérêt de ces réutilisations, l’acceptabilité par les chercheurs, les outils logiciels, la portée des analyses secondaires sur le plan scientifique.
Bibliographie :
- Corti, L., Thompson, P. (2004). Secondary analysis of archived data. In Seale, C., Gobo, G., Gubrium, J., Silverman, D. (Ed.). Qualitative Research Practice (p. 327- 343). London : Sage Publications.
- Dargentas, M., Le Roux, D. (2005). Potentials and Limits of Secondary Analysis in a Specific Applied Context: The Case of EDF—Verbatim. Forum : Qualitative Social Research, 6(1). http://www.qualitative-research.net/fqs-texte/1-05/05-1-40-e.htm.
- Le-Roux, D., Vidal, J. (2000a). Verbatim : Qualitative Data Archiving and Secondary Analysis in a French Company. Forum : Qualitative Social Research, 1(3). http://www.qualitative-research.net/fqs-texte/3-00/3-00rouxvidal-e.htm
- Le-Roux, D., Vidal, J. (2000b). Verbatim : Une expérience de capitalisation d’entretiens qualitatifs. Bulletin de Méthodologie Sociologique, n° 65, p. 58-67.
À partir du dépôt et du classement de deux fonds ethnographiques, il s’agit de s’interroger sur les conditions de validité scientifique d’une revisite ethnographique reprenant les matériaux ethnographiques collectés par d’autres chercheurs, à d’autres périodes. La revisite passe alors par la nécessité d’explicitation du métier ethnographique (implication personnelle du chercheur, construction individualisée des matériaux) et de l’historicité du regard scientifique (faire l’histoire de l’enquête) qui conditionne la bonne compréhension des sources et suppose des règles d’exploitation et de communication des données (respect de l’anonymat des enquêtés, respect de la vie privée de l’enquêteur, communication réservée à la communauté scientifique).
Depuis bientôt près de 90 ans, la BDIC collecte, traite et conserve des archives privées, non seulement françaises, mais internationales. Renouant avec un passé très actif dans ce domaine, elle s’efforce, depuis près de deux décennies, d’impulser des pistes de recherche à partir des fonds inventoriés (colloques, séminaires), mais également d’œuvrer à la diffusion des résultats de la recherche (expositions, publications). Rappel de quelques expériences relatives à des archives de mouvements sociaux.
L’exemple de l’IHS-CGT [durée : 21 min.], Bressol Elyane => Cliquez ici pour afficher le résumé de la communication
En 1982 la CGT contribua à créer l’Institut CGT d’histoire sociale pour mieux préserver et valoriser ses archives. Avec peu de moyens financiers et un engagement militant marquant, l’association a tenté de remplir sa mission. Retour sur une expérience inédite dans le champ syndical.