Projet L’insulte Séminaire organisé à Dijon (Université de Bourgogne) le 24/05/2006 Organisateur(s) : Bouchet Thomas Centre(s) organisateur(s) : Centre Georges Chevrier-UMR CNRS uB 7366
Référence électronique : Bouchet Thomas (organisateurs), 2006, L’insulte (en) politique : haines séculaires et soudaines flambées [en ligne], séminaire, Dijon, Université de Bourgogne, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/m-33, page consultée le 29/01/2026
Présentation de la manifestation
Trois interventions complémentaires aideront à nourrir nos analyses comparées sur l’insulte (en) politique. Sur un plan spatial, elles inviteront à mettre en regard plusieurs espaces : Roumanie, France, Grande-Bretagne. Elles permettront surtout d’envisager des temporalités diverses, dans le prolongement d’une journée d’étude tenue sur ce thème à Dijon en mai 2003 : le temps long de l’insulte à caractère antisémite ; plus d’un demi-siècle d’outrages aux maires ; quelques semaines de crise ouverte (la guerre des Malouines, au printemps 1982).
Le maire, dépositaire d’une portion de l’autorité publique, demeure, quel que soit son mode de désignation, un membre de la communauté villageoise : la fonction conférée implique donc une distanciation que journaliers et domestiques, obligés mais surtout parents, amis, voisins, conscrits, aînés, grands propriétaires, notables, concurrents électoraux, etc., se doivent de respecter en acceptant de devenir les administrés de l’un d’entre eux. Au regard du nombre de plaintes pour outrages aux maires ou à leurs adjoints, la contestation de cette autorité est faible dans l’arrondissement de Villefranche ; les dossiers n’en sont pas moins instructifs sur la liminalité de l’acceptable, en fonction des circonstances (la nature des actes et le contexte) et des protagonistes (outragés, outrageurs et outragiaires si l’on reprend les distinctions proposées par Évelyne Larguèche à propos des acteurs de l’injure). La géographie et la chronologie des affaires mettent également en évidence des conceptions différenciées de l’autorité et, partant, de celui qui doit en être dépositaire.
La guerre des Malouines entre le Royaume-Uni et l’Argentine éclata en mai 1982. Ce conflit meurtrier fit de nombreuses victimes dans les deux camps. Toutefois, les hostilités ne se limitèrent pas aux actes militaires dans l’Atlantique sud. Du côté britannique, elles engendrèrent un certain nombre d’insultes, de jeux de mots péjoratifs et tout un lexique de termes agressifs visant les Argentins, aussi bien sur le plan médiatique – surtout dans la presse populaire – que sur le plan linguistique. Ces insultes perdurent et reviennent fréquemment lors de rencontres sportives de haut niveau entre les deux nations. En fait, grâce à cette guerre, ancienne maintenant d’un quart de siècle, les Argentins se sont vus élevés au rang d’ennemi national aux yeux de certains supporters et de certains quotidiens au même titre que les Français et les Allemands